Top 5 des biais cognitifs qui bernent nos décisions!

Publié le 27 Août 2019

Top 5 des biais cognitifs qui bernent nos décisions!

Et si notre cerveau humain n’était qu’une machine à erreur ? Nous pensons tous prendre nos décisions de façon rationnelle et de façon optimale puisque nous estimons être en pleine possession de nos fonctions mentales et pourtant le fonctionnement du cerveau nous joue des tours. Il peut même orienter l attention de manière épisodique et nous nourrir d'illusions. On peut logiquement se poser la question : « Et si finalement, nous étions bernés par notre cerveau ? » En psychologie, on parle de biais cognitifs qui sont des raccourcis mentaux pris par notre cerveau afin de prendre des décisions rapidement.

 

Voyons dans cet article le top 5 biais cognitifs qui nous bernent dans nos jugements. Une prise de décision ou un jugement contrairement à nos croyances est le fruit d'une perception cognitive. Ainsi notre raisonnement et notre pensée ne sont pas tellement ou totalement « libre arbitre » dans nos prises de décisions car nos choix résulteraient de pensées conditionnées par l'altération de la perception qui provoque une distorsion de la réalité.

 

1-Le biais de l'’escalade de l’engagement

C’est sûrement le biais cognitif que je dois préférer le plus. C’est un biais qui consiste à prendre des décisions qui vont justifier nos décisions antérieures, même lorsque celles-ci ne sont plus adaptées et logiques. Prenons un exemple, vous avez rencontré une personne qui vous plaît. Vous essayez de la séduire et vos résultats sont peu probants.

Cependant, en raison de votre engagement dans cette probable relation qui n’existera jamais, vous continuer à espérer non pas en raison de votre amour irrationnel pour cette personne que vous ne connaissez finalement pas, mais par escalade de l’engagement.

Vous avez mis du temps et de l’énergie à l’ouvrage et la meilleure décision à prendre en toute rationalité serait de se retirer immédiatement de l’équation et de cesser ce comportement. Cependant, vous continuez à espérer qu’un jour votre persévérance payera...

Raisonner sereinement est compliqué dans l'escalade de l'engagement, car on avons tendance sous-estimer l'importance de ce bais cognitif.

Lire Aussi : Notre cerveau : cette machine à erreur ?

 

2-Le biais de disponibilité

Dans les sciences cognitives, ce biais fait que chaque individu tend à sur-pondérer la probabilité d’un événement auquel il a été exposé soit par les médias, son entourage,... Influencer des jugements consiste à maintenir leur attention sur des événements ou stimulus qui produisent des stéréotypes.

Prenons l’exemple de l’avion, statistiquement, c’est le moyen de transport le plus sûr, cependant, nous allons avoir une tendance à avoir plus peur de l’avion que de rouler en voiture qui provoque bien plus de morts. En neurosciences on parle de perception ou d'illusion d'un événement. Notre mental crée parfois une dissonance cognitive comme on dit dans la théorie en psychologie sociale.

 

3-Le biais d’ancrage

Je ne sais pas vous mais moi, j’adore lire les sets de table au restaurant. Je ne sais pas pourquoi, cette lecture me fait marrer. Sur le dernier en date, il y avait dessinés les nains de blanche Neige. Bref, je ne sais pas pourquoi je vous raconte cette petite histoire.

Nous allons faire un jeu rapidement. Vous devez vous engager avant (ce jeu marche beaucoup mieux à l’oral qu’à l’écrit) à répondre à la question suivante sans réfléchir. Donnez-moi un chiffre entre 0 et 10. J’y reviendrai plus loin.

Dans une relation commerciale par exemple, il convient toujours d'oser
annoncer le prix le plus élevé car ce montant servira de point d’ancrage à la suite de la négociation et pour prendre une décision. En fait un montant élevé donne un point d'ancrage psychologique à la négociation.

Le chiffre que vous avez choisi si vous avez bien réalisé le petit jeu est sept. Comment je le sais ? Je lis dans vos pensées ! Non, tout simplement relisez le paragraphe introductif de ce chapitre et je suis sûr que vous trouverez les ancrages mentaux ?

 

4-Le biais de statu quo

Et si la peur d’agir venait de ce biais cognitif ? En effet, ce biais consiste à perpétuer une situation antérieure, de peur notamment d’être critiqué ou d’avoir des regrets si cette prise d'initiative s’avérer malheureuse. C’est souvent le cas dans les "non séparations".

D'ailleurs, le manque de confiance en soi et le regard des autres agissent aussi sur nos raisonnements émotionnels et nos actions. Nous ne sommes plus heureux en couple mais nous préférons le biais du statut quo, sait-on jamais... Et si on faisait une erreur en partant ou si surtout on se trouvait des excuses pour ne pas agir ?

Prendre confiance en soi pour sortir de zone de confort n'est pas chose aisée, pourtant ce biais influence beaucoup d'aspects comportementaux de notre vie. Prenons un autre exemple, nous avons l’habitude d’utiliser tel chemin pour aller au travail, mais si on nous propose d’emprunter un autre chemin qui se trouve peut être plus rapide, nous manifesterons au départ une certaine réticence à l’utiliser car nous pouvons, au début, nous perdre. Il nous faudra prendre confiance avant d’apprécier ce nouveau chemin.

La résistance au changement est forte car la nouveauté impose un effort de réadaptation alors que nos habitudes font appel à la mémoire. Ces changements peuvent provoquer de légers troubles cognitifs ou un traumatisme sévère .

 

5-Le biais de cadrage

Pour expliquer ce biais de cadrage faisons ensemble un petit jeu cérébral :

Imaginez que vous disposez de 1 000€ sur votre compte en banque. Et voilà l’équation suivante : Je vous propose d’avoir une chance sur deux de perdre 150€ ou de gagner 300€. Qui prend le risque ?

Maintenant je vous propose soit de garder vos 1 000 euros sur votre compte ou bien d’avoir une chance sur deux d’avoir 850€ ou 1300€ sur votre compte. Vous prenez le risque ? N’hésitez pas à me mettre en commentaire votre choix en première impression.

Je suis sûr que la majorité d’entre vous avait choisi la seconde proposition or les deux propositions sont équivalentes. Plusieurs études en science comportementale ont montré que la majorité des individus va avoir tendance à refuser la première proposition et à accepter la seconde. Pourquoi ?

Tout simplement car le sentiment de perte est plus important dans la première configuration. On perd 150€ ou on gagne 300€ alors que dans la seconde proposition, le sentiment qui prévaut est simplement que l’on risque d’avoir moins. Ces visualisations mentales erronées nous tendent à nous faire attribuer un choix qui n'est pas forcément positif pour nous.

Ainsi, le cadrage d’une question constitue une étape capitale dans le processus décisionnel et le fonctionnement cognitif d'un jugement que nous pensons rationnel. Ce biais cognitif peut avoir une grande influence sur la décision finale en tout cas en augmenter fortement les probabilités de l’orientation de la réponse.

D'ailleurs, il n'est pas rare de voir les habiletés des instituts de sondage qui font varier les résultats de façon significative selon la tournure choisie(plutôt de façon positive ou non ) pour poser la question.

Et si finalement nos décisions ne reposés que sur une dissonance !

 

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